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Back to the front page News #9

Phom Penh, Cambodge / Mgr Emile Destombes, MEP / 2

Posted: 25th June 2004

Mgr. Emile (à gauche) with a friend

Le Père Emile Destombes, membre de la société des MEP (Missions Etrangères de Paris), est envoyé au Cambodge, en tant que missionnaire, fin 1964. Sa première mission, et non la moindre, est d’apprendre le khmer au centre communautaire de Chrui-Changvar.

En septembre 1965 on lui demande d’enseigner la philosophie au Lycée français René Descartes, de Phnom-Penh. En 1966 il est envoyé dans la communauté catholique du village de Chomnon, à 350km à l’ouest de PP, pour pratiquer le khmer et connaître la vie et le peuple de la campagne.
7 mois plus tard, Monseigneur Ramousse, évêque français de Phnom-Penh, également membre de la société des MEP, lui demande de prendre la direction du foyer d’étudiants khmers que l’Eglise catholique a créé. Trente-trois étudiants, non catholiques, issus de milieu défavorisés, y sont hébergés le temps de leurs études. Le Père Emile Emile Destombes reprend alors, en même temps, son rôle de professeur de philosophie au petit séminaire jusqu’en 1970 et ensuite dans un lycée khmer. Il fonde également une antenne de Caritas au Cambodge qui a pour fonction de s’occuper des réfugiés vietnamiens qui subissent les pressions du gouvernement cambodgien du Général Lon NoL, ainsi que des cambodgiens qui fuient la campagne pour échapper aux khmers rouges.

Le 17 avril 1975, voit l’entrée des khmers rouges dans la capitale ce qui signe leur victoire sur le régime de Lon-Nol. Pol Pot chasse alors tous les étrangers du pays et les prêtres doivent quitter le pays contraints et forcés. Commence alors pour le Cambodge la plus douloureuse page de son histoire pendant laquelle plus de deux millions de khmers mourront tués par le régime communiste ou mort de faim dans les camps. Aucun prêtre cambodgien ne survira à cette période, et les deux évêques cambodgiens à ce jour n’échapperont pas à ce triste destin.

De 1975 à 1978 le Père Emile Destombes travaille au service « échange France-Asie », à Paris, chez les MEP.

En 1979 le Père Emile Destombes repart comme missionnaire au Brésil car il est toujours impossible de revenir au Cambodge, pourtant libéré par les vietnamiens, ainsi que dans la plupart des autres pays asiatiques (Thaïlande, Laos, Vietnam). Il est alors curé d’une paroisse brésilienne pendant 11 ans.

Dès 1989, le Père Emile Destombes est le premier prêtre « caché » à fouler le sol cambodgien alors que c’était pourtant une mission dite dangereuse et impossible. Encore sous le régime communiste il est impossible de rester longtemps au Cambodge. Le Père Emile Destombes doit alors entreprendre des allers-retours fréquents ce qui ne facilite pas sa mission.

En 1990, au titre de travailleur social pour Caritas, il lui est possible de séjourner au Cambodge. Le travail ne manque pas dans un pays en ruine et le Père Emile Destombes se tourne naturellement vers les nombreux orphelins que le régime de Pol-Pot a créés.

En mars 1990 la liberté de culte est accordée mais toutes les religions sont surveillées étroitement par le gouvernement. En tant que prêtre reconnu, le Père Emile Destombes est constamment surveillé par les espions du régime. Seul prêtre à parler cambodgien, c’est lui qui officie le 14 avril 1990, pour la première messe officielle de la résurrection, le jour du Samedi Saint, dans un cinéma de la ville. Cette date est lourde de sens et de joie pour les chrétiens du Cambodge qui ne sont plus obligés de célébrer la messe, cachés dans leurs maisons. Le travail de rencontre des chrétiens et de reconstruction de l’Eglise catholique cambodgienne peut enfin commencer. La liberté de religion est accordée en 1993.

En 1991 les accords de Paris sont signés par les quatre factions actives : le PPC, le FUNCIPEK, le FLNPK et les khmers rouges. Le prince Sinahouk est désigné comme le chef du gouvernement provisoire.

De 1991 à 1993 c’est l’ère de l’APRONUC (Autorité Provisoire des Nations Unis pour le Cambodge). L’APRONUC a quatre missions bien précises : organiser des élections, rapatrier les réfugiés, désarmer les factions et contrôler le gouvernement. Les élections de 1993 virent la victoire du parti royaliste mais de peu face au parti du peuple cambodgien.Ces élections forcèrent donc la création d’un nouveau gouvernement de coalition avec deux premiers ministres : Hun-Sen (PCC) et Norodom Ranaridh (fils de Sinahouk). La mise en place d’une chambre constitutionnelle permit la création d’une des plus belles constitutions inspirées des grandes idées d’égalité des pays occidentaux. La monarchie constitutionnelle du Royaume du Cambodge est mise en place et le prince Sinahouk est désigné comme roi.

Le bilan de l’APRONUC est très mitigé car s’il a pérennisé la préparation d’élections libres le système d’un gouvernement bi-parti neutralise le pays et le paralyse. De plus les objectifs de désarmement et de contrôle du gouvernement ne sont pas atteints.

En 1997 Hun-Sen organise un coup d’état et prend le pouvoir. La situation redevient périlleuse pour les ressortissants étrangers. C’est aussi l’année de l’ordination du Père Emile Destombes. Il devient le nouvel évêque de Phnom-Penh à la suite de Monseigneur Ramousse.

En 1998, les nouvelles élections voient la victoire du PPC mais il ne possède pas la majorité. Un nouveau gouvernement bi-parti est mis en place mais avec un seul premier ministre. Les élections de 2003 n’ont amené aucun changement dans la constitution du gouvernement. L’avenir du Cambodge reste incertain…

Article Source: CAMBODGE : THIBHAULT GUYONNET-DUPEYRAT, coopérant à Phnom Penh

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