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La Maison des Malades de Phnom Penh

Cet homme est venu se faire soigner pour des problemes du foie. Apprentisage d'utilisation de la canne pour les aveugles.

Ici et Maintenant : Comment est née et dans quel cadre s'est développée la " Maison des malades " ?
Xavier Huchet : La " Maison des malades " a été fondée sous l'impulsion de Mgr Destombes et a véritablement commencé a fonctionner a partir de 1992. Cette " Maison des malades " est située au cœur de Phnom Penh, à Psah Tauch, au nord de la ville. Le bâtiment que l'on appelle " Maison des malades " a été construit à cette époque, spécifiquement prévu pour recevoir les malades. Le complexe paroissial regroupe toutes les activités de la paroisse de Phom Penh : l'église, les activités pour les jeunes, des cours de couture, de danse, le catéchisme,etc.… c'est donc un lieu de passage très vivant.

Ici et Maintenant : Dans quel contexte la " Maison des malades " a-t-elle été fondée ?
Xavier Huchet : A la fin de l'occupation du Cambodge par les troupes vietnamiennes, l'Eglise a commencé a se réorganiser peu a peu a partir de 1990. Dans chaque paroisse ont été créés un comité de liturgie, un comité de catéchèse et un comité d'entraide, pour les actions de charité. Le fonctionnement de la " Maison des malades " de Phnom Penh repose sur cette organisation : a Phnom Penh, son action est soutenue par le comité d'entraide de la paroisse. En province, ce sont les comités d'entraide locaux qui décident l'envoi du malade à Phnom Penh. Une personne qui vient se faire soigner à la " Maison des malades " doit nécessairement avoir une " autorisation " du comité d'entraide de sa paroisse d'origine. La " Maison des malades " reçoit les malades qui lui sont envoyés par les paroisses à travers tout le royaume.

Patients sont accompagnes par un membre de leur famille.Ici et Maintenant : Mais alors, la " Maison de malades " n'accueille que des catholiques ?
Xavier Huchet : Non, elle n'est pas réservée qu'aux catholiques, non seulement parce que la communauté catholique est numériquement très réduite (25 000 personnes, et, Dieu merci pas tous malades), mais surtout parce que qu'il est du devoir d'un chrétien de venir en aide a son frère, quelle que soit sa foi.

Ici et Maintenant : Quels sont les objectifs de la " Maison de malades " ? Qu'y fait-on concrètement ?
Xavier Huchet : L'objectif de la " Maison de malades " est de permettre à des gens qui viennent de la province de se faire soigner à Phnom Penh. Il s'agit de répondre à des besoins indispensables :

  • la pénurie de structures médicales spécialisées : il y a maintenant un réseau provincial de dispensaires, efficace pour les petites maladies, mais pas pour les traitements ou opération lourdes. Ces malades ne peuvent se faire soigner qu'a Phnom Penh.
  • La pauvreté : pour des pathologies graves, la " Maison de malades " prend en charge la consultation des malades les plus démunis.

La " Maison de malades " permet a ces personnes venant de la province de pouvoir rentrer " physiquement " dans l'hôpital : `un malade sale et habillé serait refoulé a l'entrée des hôpitaux. Il y a aussi la corruption qui gangrène tout le système de santé publique du pays : il faut payer pou s'inscrire sur la liste d'attente du médecin, payer pour obtenir une ordonnance ou recevoir la piqûre de l'infirmière,etc.… La " Maison de malades ", par son expérience et sa relative importance, a plus de poids que le malade qui se présente seul a la porte de l'hôpital. Pour chaque malade, sont pris en charge : les soins hospitaliers, les médicaments, les consultations, l'hébergement, l'alimentation et les frais de voyage depuis la province.

Ici et Maintenant : Combien de personnes y sont soignées ?
Xavier Huchet : Le nombre de personnes reçues à la " Maison de malades " varie en fonction des maladies soignées et donc des frais que le traitement va entraîner. La " Maison de malades " fonctionne avec un budget moyen de 1800 à 2000 dollars par mois. Le budget est en grande partie assuré par la communauté catholique francophone de Tokyo sans qui le projet ne pourrait se poursuivre. Des particuliers de France ou de passage au Cambodge, les Missions Etrangères de Paris ainsi que la communauté catholique francophone de Phnom Penh participent également. Bien sur, plus le budget dont nous disposons est important, plus nous pouvons soigner de malades.

Ici et Maintenant : Comment fonctionne la " Maison de malades " ?
Xavier Huchet : La " Maison de malades " est gérée par trois personnes sous la responsabilité de Père Bob: la Sœur Virginia, une sœur de Saint Vincent de Paul, originaire des Philippines et qui a une formation d'infirmière. Elle assure le suivi médical des malades ; elle effectue un premier diagnostic lors de l'arrivée des malades ; elle décide ensuite vers quel hôpital il faudra les diriger, ou bien quel traitement leur prescrire si c'est possible (la " Maison de malades " possède une petite pharmacie pour les sois sur place) Monsieur Eng Tri lui s'occupe du transport des malades depuis la " Maison de malades " vers les différents hôpitaux de Phnom Penh, en fonction de leur spécialité. Enfin, une femme de la paroisse s'occupe de la cuisine et du ménage.

Interview réalisée pour le bulletin Ici et Maintenant de L'aumônerie Catholique Francophone de Tokyo, Numéro 111.
Xavier Huchet est coopérant à Phnom Penh depuis septembre 2002.


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